L’intelligence artificielle (IA) et nous

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L’IA et nous

L’intelligence artificielle ou IA est depuis des années l’un des sujets favoris des auteurs et scénaristes de science-fiction. Et pourtant, loin de se cantonner aux formats imaginaires, les IA sont déjà bel et bien en place. Dans les jeux de réflexions (échecs, Go) et évidemment dans tous les types de jeux vidéo, pour lesquels les IA les plus développées mettent en place des algorithmes de prédictions et d’apprentissages. Pour autant, on est encore loin de parler de technologie pensante ou même semi-pensante. Non ?

DeepBlue, DeepMind et AlphaGo

En 1997 déjà, DeepBlue l’ordinateur d’IBM mettait à mal le champion du monde d’échecs, Garry Kasparov. Près de 20 ans plus tard, c’est l’IA AlphaGo, conçue par DeepMind (filiale de Google) qui défait le champion du monde du jeu de Go, Lee Sedol. Tout aussi impressionnant que puissent être ce genre d’évènements, on est pourtant loin d’atteindre les IA qui peuplent nos imaginaires. Pas de véritables décisions, autres que l’exécution d’une tâche préprogrammée et encore moins une remise en question existentialiste.

Kasparov, l'humain vs - DeepBlue l'IA (vous remarquerez les petits drapeaux au second plan)
Kasparov, l’humain vs – DeepBlue l’IA
(vous remarquerez les petits drapeaux au second plan)

Le mythe du Cogito robotisé

Véritable mythe hantant l’humanité depuis ses débuts, le cogito robotique ou crise de conscience artificielle ne date pas d’hier. En effet, Pandore, mais aussi le Golem sont des versions mettant en scène la peur des créations humaines se retournant contre leur créateur. Deux mythes préexistant de loin les grands blockbusters à la Matrix ou à la Blade Runner. On comprend bien vite que la peur résidant dans la figure de l’IA n’est autre que le reflet de notre propre humanité et de son manque de discernement. Pire encore, la science-fiction offre presque exclusivement des versions dans lesquelles les robots arrivant à une « maturité pensante » finissent toujours par se retourner contre l’être humain et à défier les lois d’Isaac Asimov*. (Le Centre dans Hypérion, les T-X de Terminator, Ultron dans Avengers, les Hubot d’Äkta Människor)

Äkta Människor, les IA
Dans Äkta Människor, les IA atteignent un état de conscience via un virus (comme dans Ergo Proxy)

Une intelligence en apprentissage

Pourtant, les dernières avancées en intelligence artificielle nous prouvent assez régulièrement que l’intelligence artificielle est en apprentissage. Elle duplique et développe des caractères et des réactions selon nos exemples.

Tay, l'intelligence artificielle de Microsoft
Tay, l’intelligence artificielle de Microsoft

Tay, l’IA de Microsoft et évoluant sur Twitter sous les traits d’une « teenager typique », n’a pris que 24h pour développer des réactions racistes et sexistes, qu’elle a pu apprendre suite aux interactions des autres utilisateurs du réseau social. Si l’expérience prend la forme d’un fiasco, elle n’en reste pas moins édifiante et met en lumière le véritable danger dissimulé derrière la peur des IA : l’irresponsabilité humaine.

Intelligence artificielle VS intelligence émotionnelle

On l’a vu, le terme intelligence artificielle est lui-même devenu un fourre-tout générique, dans lequel on retrouve le « COM » des jeux de combats, les assistants vocaux comme SIRI et Cortana ou encore AlphaGo. Pourtant, elles sont loin de s’égaler et répondent toutes à des attentes et des fonctions précises. Car la différence entre les IA et les êtres humains réside (pour l’instant) dans l’intelligence émotionnelle. Comprendre, le libre arbitre, les sentiments et toutes les choses qui font de l’humain un être complexe. D’ailleurs, dans le cas des jeux vidéo, de nombreux joueurs vous le diront, l’IA aussi compliquée à battre soit elle, finit toujours par dévoiler des erreurs que l’on apprend à exploiter pour gagner !

Et les robots dans tout cela ?

InMoov le robot de Gaël Langevin
InMoov le robot Open Source de Gaël Langevin

Si pour l’instant la plupart des robots s’apparentent plus à l’automate, l’adoption de traits plus ou moins humains abat une nouvelle barrière. Conçus à notre image de bipède, on leur demande d’exécuter des tâches simples (en usine), de nous tenir la conversation ou de reconnaître et reproduire certaines émotions (Pepper d’Aldebaran et SoftBank). Divertissant, pratique ou utile, le robot et la robotique développent des applications (on pense également aux prothèses robotisées) s’emboîtant parfaitement dans notre quotidien et n’éveillant aucun écho avec leurs homologues de science fiction.

Enfin, des projets comme ceux de Gaël Langevin (InMoov) ou d’Aldebaran (Pepper) permettent aux concepteurs en devenir de développer eux même leurs propres robots, une façon d’apprendre, concevoir et dédiaboliser une figure injustement clouée aux pilori par la science-fiction.

Robots tous les jours

D’autres robots ont bien évidemment rejoint nos quotidiens. Les robots-aspirateurs et leurs logiciels de mapping en direct pour se repérer dans votre habitat. Les drones autoguidés, les assistants vocaux de nos smartphones, ou encore les robots-jouets. Autant de petites machines que nous avons déjà adopté et introduites dans nos vies de tous les jours !


L'auteur américain d'origine russe a rédigé plus de 450 livres !
L’auteur américain d’origine russe a rédigé plus de 450 livres

*Isaac Asimov (1920 – 1992), auteur de science-fiction, connu pour ses nombreux romans mettant en scène les robots. Il est régulièrement cité dans de nombreuses autres œuvres de science-fiction, lesquelles citent les trois lois d’Asimov.

1/ Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger.

2/ Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la Première Loi.

3/ Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n’entre pas en contradiction avec la Première ou la Deuxième Loi.


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