Une console de légende – La Dreamcast

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Si la société SEGA a longtemps vécu sur le succès de ses consoles 8 et 16 bits (Sega Master System et Mega Drive) la marque a également subi un échec majeur avec sa console 32 bits : la Saturn.

Débarquée lors de l'étét1995, la Saturn ne trouvera jamais complètement son public malgré des soft inoubliables tels que Panzer Dragoon ou Night.
Débarquée lors de l’été 1995, la Saturn ne trouvera jamais complètement son public malgré des soft inoubliables tels que Panzer Dragoon ou Night.

Pourtant, les créateurs de Sonic ne s’avouent pas vaincus et comme Nintendo avec sa N64 (64 bits), Sega veut frapper un grand coup dans le monde des consoles de jeux de salon.

Des projets, une console

Alors que les joueurs consoles du monde entier jouent sur Nintendo 64 ou sur PlayStation, la firme japonaise SEGA compte bien effacer l’échec de la Saturn. Pour ce faire, dès 1996 les équipes de SEGA Amérique et celles du Japon sont mises en concurrence (sans qu’aucune des deux ne soit au courant de l’existence de l’autre équipe) afin de proposer deux prototypes viables. Les projets « BlackBelt » (Team US) et « Katana » (Team Japon) prennent forme, mais c’est finalement le second qui est validé comme projet viable pour la commercialisation, surtout après que la société 3Dfx qui avait fabriqué la puce du prototype « Blackbelt » ait accidentellement communiqué sur la console.

Prototype Dreamcast #1Prototype Dreamcast #3

Vers une version finale

Dreamcast
La Dreamcast, sa manette de jeu et sa visual memory

C’est donc le prototype « Katana » qui est validé. Celui-ci est d’abords très difficiles d’utilisation pour les développeurs de jeux vidéo, mais après plusieurs ajustements le modèle devient de plus en plus viable. Il embarque un processeur SH4 d’Hitachi et une innovation majeure pour l’époque : un modem. La Dreamcast est donc la première console au monde à pouvoir se connecter à internet ou encore à proposer des jeux en ligne. Et ce n’est pas tout, la console possède une compatibilité avec Windows CE, une idée brillante qui permet aux développeurs de programmer leurs jeux avec plus de facilité et de permettre le portage des jeux PC vers la console. Enfin, les jeux sont inscrits sur un format GD-Rom, afin d’y mettre le plus d’informations possible (environs 1.5 Go max).

Bienvenue à la Dreamcast

Sortie en novembre 1998 au Japon et près d’un an plus tard en France (octobre 1999) la Dreamcast inaugure la 6e génération des consoles de jeu vidéo. Ses 128 bits lui permettent d’aligner des performances et des graphismes inédits et les concepteurs de SEGA et des autres studios s’en donnent à cœur joie. De nombreux jeux verront ainsi le jour et offrant des expériences alors jamais vues.

Un piratage rapide ? Plus de popularité !

La Dreamcast doit aussi une partie de son succès à son piratage. En effet, si celle-ci bénéficiait de la protection du GD-ROM, format que l’on ne peut créer avec un graveur chez soi, son piratage via CD Boot et lancement de CD-Rom gravé l’a extrêmement popularisée. Même si les versions piratées n’étaient pas forcément de bonne qualité, votre ludothèque n’avait techniquement plus de limites. En effet souvenez-vous qu’avec la Playstation, le jeu piraté était devenu monnaie courante.

Les joies de l’internet 56k

Hé oui pour de nombreux joueurs de salon, la DreamCast fut l’occasion de découvrir les joies de l’internet (sans abonnement svp !), mais également d’expérimenter les premiers jeux en ligne sur console. ChuChuRocket! ou Phantasy Star Online sont les premiers jeux a autant exploité la connectivité internet sur des consoles de salons. Si les premières factures téléphoniques s’avéraient assez vite dispendieuses, l’expérience fournie par cette nouvelle génération de jeux était complètement inédite. Sans même parlé de la navigation internet, loin d’être intuitive et au débit asthmatique (moins de 33k sur la console en France) qui ouvrait un univers de possibilité à son utilisateur.

ChuChu Rocket! Premier jeu en ligne pour console de salon !
ChuChu Rocket! Premier jeu en ligne pour console de salon !

Une expérience de jeu fantastique

Console la plus puissante alors disponible sur le marché, la Dreamcast laisse libre-court à la créativité des studios de jeux. On assiste alors à l’émergence de nombreux soft aux mécaniques originale :

Jet Set Radio

Un jeu complètement barré dans lequel votre gang et vous-même évoluez en roller dans un univers en Cell Shading immense et colorée afin de rendre la ville plus fun.

Samba De Amigo

Envie de jouer des maracas avec tous vos amis sur des tubes de dance pop européens ? Samba De Amigo est le père oublié de tous les jeux de musiques à la Rock Band et des jeux multijoueurs de la Nintendo Wii.

Crazy Taxy

A l’origine un jeu d’arcade, son portage sur console avait tout bonnement fait halluciné les joueurs : un monde gigantesque, une exploration sans limites (ou presque) et tout ça… juste en conduisant un Taxi… ? Dingue.

Space Channel 5

L’idée ? Danser et chanter pour libérer la terre du joug des extraterrestres. Oh et vous êtes aussi journaliste.

Toy Commander

Andy a plein de jouer et ils font la guerre entre eux. Le mode 4 joueur a brisé de nombreuses amitiés.

Et des titres qui s’intègrent parfaitement à l’écosystème de la nouvelle venue (Soul Calibur, Marvel VS Capcom 2, Dead Or Alive, Skies of Arcadia, Grandia II, Sonic Adventures)

photo-sonic-2À propos de SEGA

Crée entre 1951 et 1954 Sega (pour Service Games) est d’abord une entreprise de machine d’arcade et de machine à sous fondée par trois Américains au japon (Lemaire, Stewart et Bromley). Par la suite David Rosen et Hayao Nakayama offriront à la société son visage moderne. Au tournant des années 1980, la marque investit les salons avec la Master System II, puis la Mega Drive, deux consoles au succès retentissant. Après son idée de la console portable (Game Gear), la marque connait plusieurs déboires, dont un retentissant avec la Sega Saturn.

La contre-offensive Sony

Malgré cela, la Dreamcast a quand même réussi à donner des sueurs froides à la direction de Sony. À l’époque la PlayStation 1 reste la console de salon la plus populaire et sa grande sœur, la PlayStation 2 voit sa sortie avancée. Avec une machine marketing incroyable (faisant même appel à Steven Spielberg ou David Lynch) et des jeux signés par EA ou Squaresoft Enix, la nouvelle venue va balayer la concurrence en un rien de temps.

La première publicité est signée par David Lynch, la seconde, dans laquelle une fille au fort accent écossais tient le rôle d’un alien (la plus connue) a marqué toute une génération.

Une société qui bat de l’aile ?

La spirale de Dreamcast ne tournera plus
La spirale de Dreamcast ne tournera plus

Pour autant et malgré un très grand nombre d’unités écoulées à travers le monde (10.6 millions) et un prix plus bas que la concurrence (270€), la Dreamcast fait face  à une mort programmée. Les raisons de celle-ci sont multiples. Des studios comme Squaresoft et EA n’ont jamais développé pour la console et dans le cas du second, le désaccord fut connu du public et la presse jeu vidéo de l’époque citait très souvent le PDG d’EA de l’époque (Gordon Bing) « Sans EA, la Dreamcast ne connaitra pas le succès. ».

Et même si la console pouvait se vanter d’offrir de nombreuses expériences vidéoludiques inédite et originale, l’absence d’un jeu AAA grand public lui a mis des bâtons dans les roues. Enfin, les couts de productions de la console rapporter à son prix de vente, place Sega dans une position économique très inconfortable. De fait, la firme de Sonic se voit forcer d’arrêter la Production de sa console dès mars 2001 et d’annoncer dans la foulée que Sega se contentera de développer des jeux pour les autres consoles.

Sega aujourd’hui

Devenu un studio exploitant les licences qui ont fondé la légende de la firme, Sega développe maintenant des jeux pour les autres systèmes d’exploitation et le célèbre Hérisson bleu court depuis maintenant longtemps sur les consoles des concurrents de jadis.

Quant à la Dreamcast, elle est passée à la postérité et ravit encore de nombreux joueurs. Même si elle fut piratée en son temps et si elle est maintenant disponible en émulateur, de nombreux rétrogamer souhaitent mettre la main dessus.

Hé oui il faut s'y faire Mario et Sonic ne sont pas vraiment ennemis.
Hé oui il faut s’y faire Mario et Sonic ne sont pas vraiment ennemis.

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